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Dec 20 2008

Almanac-mania

When this time of the year comes, the civil servant from La Poste (the Post office), the firefighters (who are volunteers in small towns), and trash collector (éboueur) go door to door and sell calendars/almanacs to the people they serve year-round to earn a little extra for the Holidays.  More than that, it is called “des étrennes” in French which has no translation in English.

It is assumed to be a gift for New Year’s, either money or something new which you will have as your étrennes. (origins)

So if you hear: “Tiens, ça te fera tes étrennes“, it means that the money or the gift you’re getting is for the Holidays and that’s it. Don’t ask for more. And if you use this word as a verb then it means you were the first one to use it or wear it.

See in France we pay our employees.  Especially the civil servant ones with special rights and advantages, that, even as a French worker, you would never get.  We, then, don’t tip people year round because as taxpayers (TVA is at 19.6%) we consider that the state has enough money to pay for them to fulfill their duty.

Firefighters (les pompiers) are on the other end, risking their lives for us and in small towns they don’t get paid to do it (or maybe a small amount now) so it is well deserved I think.

Anyways, a lot of people get those calendars, serve the “apéro” to their given servant, and hang their new acquisition until next time.  There is no set price for it, you can give whatever you want but usually you don’t give less than 5 euros.  So if you happen to live in France and one day your mailman knocks at your door with almanacs in his hands, there is a good chance he won’t leave before you give him a little something.  You can say “no”, it’s always better than hiding because, trust me, he will come back until he has talked to you!

I found a very interesting website about the History of La Poste’s almanacs and a few discussions on who do you give (money) to and how much, which  are very interesting if you want to know the “general mood” about this tradition.

I would agree in saying it’s a bizarre custom.  I mean how many almanacs do you need in a year, in one home?  Certainly not more than 1 or even 2 but when most civil servants come to your home and give you the same spiel, it gets frustrating and annoying very quickly.

And for your “étrennes”, here is a poem from Arthur Rimbaud called “Étrennes to Orphans” :

Les Étrennes des Orphelins

I

La chambre est pleine d’ombre ; on entend vaguement
De deux enfants le triste et doux chuchotement.
Leur front se penche, encore alourdi par le rêve,
Sous le long rideau blanc qui tremble et se soulève…
- Au dehors les oiseaux se rapprochent frileux ;
Leur aile s’engourdit sous le ton gris des cieux ;
Et la nouvelle Année, à la suite brumeuse,
Laissant traîner les plis de sa robe neigeuse,
Sourit avec des pleurs, et chante en grelottant…

II

Or les petits enfants, sous le rideau flottant,
Parlent bas comme on fait dans une nuit obscure.
Ils écoutent, pensifs, comme un lointain murmure…
Ils tressaillent souvent à la claire voix d’or
Du timbre matinal, qui frappe et frappe encor
Son refrain métallique et son globe de verre…
- Puis, la chambre est glacée…on voit traîner à terre,
Épars autour des lits, des vêtements de deuil :
L’âpre bise d’hiver qui se lamente au seuil
Souffle dans le logis son haleine morose !
On sent, dans tout cela, qu’il manque quelque chose…
- Il n’est donc point de mère à ces petits enfants,
De mère au frais sourire, aux regards triomphants ?
Elle a donc oublié, le soir, seule et penchée,
D’exciter une flamme à la cendre arrachée,
D’amonceler sur eux la laine de l’édredon
Avant de les quitter en leur criant : pardon.
Elle n’a point prévu la froideur matinale,
Ni bien fermé le seuil à la bise hivernale ?…
- Le rêve maternel, c’est le tiède tapis,
C’est le nid cotonneux où les enfants tapis,
Comme de beaux oiseaux que balancent les branches,
Dorment leur doux sommeil plein de visions blanches !…
- Et là, - c’est comme un nid sans plumes, sans chaleur,
Où les petits ont froid, ne dorment pas, ont peur ;
Un nid que doit avoir glacé la bise amère…

III

Votre coeur l’a compris : - ces enfants sont sans mère.
Plus de mère au logis ! - et le père est bien loin !…
- Une vieille servante, alors, en a pris soin.
Les petits sont tout seuls en la maison glacée ;
Orphelins de quatre ans, voilà qu’en leur pensée
S’éveille, par degrés, un souvenir riant…
C’est comme un chapelet qu’on égrène en priant :
- Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !
Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quelque songe étrange où l’on voyait joujoux,
Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
On s’éveillait matin, on se levait joyeux,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux…
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher…
On entrait !… Puis alors les souhaits… en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise !

IV

Ah ! c’était si charmant, ces mots dits tant de fois !
- Mais comme il est changé, le logis d’autrefois :
Un grand feu pétillait, clair, dans la cheminée,
Toute la vieille chambre était illuminée ;
Et les reflets vermeils, sortis du grand foyer,
Sur les meubles vernis aimaient à tournoyer…
- L’armoire était sans clefs !… sans clefs, la grande armoire !
On regardait souvent sa porte brune et noire…
Sans clefs !… c’était étrange !… on rêvait bien des fois
Aux mystères dormant entre ses flancs de bois,
Et l’on croyait ouïr, au fond de la serrure
Béante, un bruit lointain, vague et joyeux murmure…
- La chambre des parents est bien vide, aujourd’hui :
Aucun reflet vermeil sous la porte n’a lui ;
Il n’est point de parents, de foyer, de clefs prises :
Partant, point de baisers, point de douces surprises !
Oh ! que le jour de l’an sera triste pour eux !
- Et, tout pensifs, tandis que de leurs grands yeux bleus,
Silencieusement tombe une larme amère,
Ils murmurent : “Quand donc reviendra notre mère ?”
……………………………………………………………..

V

Maintenant, les petits sommeillent tristement :
Vous diriez, à les voir, qu’ils pleurent en dormant,
Tant leurs yeux sont gonflés et leur souffle pénible !
Les tout petits enfants ont le coeur si sensible !
- Mais l’ange des berceaux vient essuyer leurs yeux,
Et dans ce lourd sommeil met un rêve joyeux,
Un rêve si joyeux, que leur lèvre mi-close,
Souriante, semblait murmurer quelque chose…
- Ils rêvent que, penchés sur leur petit bras rond,
Doux geste du réveil, ils avancent le front,
Et leur vague regard tout autour d’eux se pose…
Ils se croient endormis dans un paradis rose…
Au foyer plein d’éclairs chante gaiement le feu…
Par la fenêtre on voit là-bas un beau ciel bleu ;
La nature s’éveille et de rayons s’enivre…
La terre, demie-nue, heureuse de revivre,
A des frissons de joie aux baisers du soleil…
Et dans le vieux logis tout est tiède et vermeil :
Les sombres vêtements ne jonchent plus la terre,
La bise sous le seuil a fini par se taire…
On dirait qu’une fée a passé dans cela !…
- Les enfants, tout joyeux, ont jeté deux cris… Là,
Près du lit maternel, sous un beau rayon rose,
Là, sur le grand tapis, resplendit quelque chose…
Ce sont des médaillons argentés, noirs et blancs,
De la nacre et du jais aux reflets scintillants ;
Des petits cadres noirs, des couronnes de verre,
Ayant trois mots gravés en or : “A NOTRE MERE !”
……………………………………………………………..

Ecrit en 1869. Paru le 2 janvier 1870 dans la “Revue pour tous”.

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